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Les
premières traces de tatouages au Japon auraient été retrouvées
sur des figurines en terre cuite qui avaient sur leur visage
des marques de tatouages gravées ou peintes datant de 5000
avant J.-C. Ces figurines accompagnaient les morts dans
l'inconnu ; ces marques avaient des significations religieuses
ou magiques.
La première trace
écrite de tatouages a été trouvée dans l'histoire d'une
dynastie chinoise vers 297 après J.-C.
Les Chinois
considéraient que le tatouage était un signe de barbarie et
l'utilisaient en tant que punition ; de ce fait, dès le 7e
siècle, les dirigeants japonais, qui adoptaient beaucoup de la
culture chinoise, désavouèrent le tatouage officiellement.
Le premier
tatouage de punition retrouvé au Japon en tant que tel date de
720 après J.-C. ; l'empereur avait condamné le chef d'une
rébellion à voir sa peine de mort commuée en tatouage. Après
le 6e siècle, les tatouages servaient à identifier les
criminels et les bannis. Les criminels étaient marqués par une
grande variété de symboles en fonction du lieu où avait été
commis le crime. Le tatouage pouvait remplacer le
sectionnement d'une oreille ou d'une main. Il était réservé
seulement aux grands criminels ; les tatoués étaient bannis de
leur famille et ne pouvaient plus avoir de vie sociale.
Durant le 17e
siècle, le tatouage pénal fut remplacé par d'autres punitions,
parce que, vers cette époque, le tatouage était devenu
décoratif et populaire ; de ce fait, les criminels
recouvraient leurs tatouages pénaux avec de grands motifs.
C'est à ce moment que l'on associa le tatouage avec le crime
organisé au Japon.
Le tatouage durant
le 18e siècle s'étendit en même temps que la culture populaire
de " Edo " (Tokyo). Tôt dans le siècle, autour de Edo, se
développait un monde d'affaires et de vie nocturne. C'est là
que naquit la culture japonaise : théâtre Kabuki, théâtre
Bunraku (théâtre de poupées), artistes, écrivains et lutteurs
(sumos) s'y établirent ; les geishas y recevaient leurs
visiteurs. L'estampe sur bois japonaise s'y développa, car les
éditeurs avaient besoin de dessins pour leurs nouvelles, les
producteurs et les lutteurs, d'affiches pour leurs théâtres.
Le sujet était dicté par les éditeurs et les artistes qui
détournèrent les images de publicité des acteurs, courtisanes,
prostituées et lutteurs, avec des illustrations provenant de
scènes populaires de pièces et de nouvelles. Ces impressions
étaient appelées " Ukiyo-e " ou image du monde flottant. En
l'occurrence, les éditions illustrées par Hokusai et Kuniyoshi
connurent un énorme succès au début du 18e siècle. L'extension
de l'impression d'estampes sur bois a eu une grande influence
sur le développement du tatouage japonais.
Les yakusa et le tatouage
En dépit des efforts du
gouvernement pour essayer de le supprimer, le tatouage
continua de fleurir parmi les pompiers, porteurs de palanquins
et autres métiers populaires. Il était particulièrement
apprécié par les gangs de joueurs (jeux d'argent) appelés
yakusa. Les membres de ces gangs étaient recrutés parmi les
bas-fonds des hors-la-loi. Bien que les yakusa fussent engagés
dans des activités illégales et semi-illégales, ils adhéraient
à un code strict de l'honneur qui prohibait tout crime contre
le peuple. Comme les samouraïs, ils avaient la fierté de
pouvoir endurer la douleur et la privation, et quand la
loyauté le demandait, ils étaient prêts à se sacrifier pour
protéger leur gang.
Les yakusa exprimèrent cet idéal par le tatouage, car celui-ci
est douloureux, preuve de courage, et il est permanent. En
outre, le tatouage était l'évidence de l'appartenance au gang
et, parce qu'il était illégal, faisait d'eux des hors-la-loi à
jamais.
Le roman " Suikoden "
Vers le milieu du
18e siècle, la popularité du tatouage s'est étendue à la suite
de la traduction en japonais d'un roman chinois, "Suikoden"
(en français : "Au bord de l'eau"), qui raconte les
aventures de 108 hors-la-loi qui défièrent les dirigeants
chinois corrompus entre 1117 et 1121. En raison de ce thème
anti-autorité, le roman devint un symbole de la résistance au
régime "Tokugawa" et devint un "best-seller" pour plus
d'un siècle. "Suikoden" a eu une grande influence sur
le tatouage, parce que beaucoup de héros du roman ont de
grands tatouages.
La version
japonaise de "Suikoden" a été illustrée par une grande
variété d'artistes. Ces illustrations ont été copiées par les
tatoueurs, et il en a résulté une grande influence populaire,
qui s'est développée rapidement durant la fin du 18e siècle.
En 1872, lorsque
l'empereur Matsuhito décide d'ouvrir le japon au monde
extérieur, il commence à s'inquiéter de l'effet que pourrait
avoir le tatouage sur les visiteurs étrangers. Il interdit
officiellement le procédé, le considérant comme un signe de
barbarie, même si, ironiquement, ce furent les étrangers qui
se montrèrent souvent le plus sensibles au travail des
tatoueurs. Néanmoins, l'art japonais du tatouage fut réduit à
la clandestinité jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, parce
qu'il restait l'apanage des gangsters (ou yakusa).
Aujourd'hui, bien que le tatouage soit considéré comme une
pratique déviante par les Japonais, une nouvelle génération
d'amateurs est née sous l'influence occidentale.Pour tatouer,
les Japonais utilisaient des séries de baguettes dont le bout
est doté d'un faisceau d'aiguilles. Leur spécialité est
appelée "Bokashi", à savoir les plus dégradés du monde, allant
du noir profond au gris le plus clair.
Le tatouage vu dans
d'autres pays d'Asie
Marco polo, dans
le récit de ses voyages, note qu'au Laos et en Birmanie tous
les gens sont tatoués à l'aiguille tout le long du corps, et
que dans le Yunnan (Chine du Sud), les hommes ont piqué sur
leurs bras et sur leurs jambes des bandes de couleurs
considérées comme une manifestation d'élégance et un signe de
bonne naissance.
De nos jours en
Chine, le tatouage est toléré, mais seulement à Hong Kong ;
avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine, la clientèle
des tatoueurs était composée essentiellement de soldats
anglais. Les Thaïlandais et les Cambodgiens procèdent pour
leurs tatouages par grattage à l'aide d'un instrument muni de
pointes effilées. Les pigments utilisés jadis provenaient du
noir de fumée, de cendres, de substances organiques ou
végétales mélangées à de l'eau, de l'alcool, du sang. Au
Tibet, les tatouages accompagnent les périodes difficiles de
la vie, puberté, maternité, maladie ainsi que deuil.
Il peut être
considéré comme un talisman du type de ceux portés par le
peuple Karen lors de la lutte pour son indépendance contre
l'armée birmane, le tatouage devant arrêter les balles de
l'ennemi.
(Source :
www.oasies.com)
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