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LE TATOUAGE POLYNESIEN

 

Traditionnellement, le tatouage était réservé aux classes supérieures. Cette pratique était liée au désir de renforcer son attrait sexuel, à l'exaltation de la vie, à l'aspiration à devenir des dieux. Hommes et femmes portaient des tatouages sur diverses parties du corps ; la différenciation sociale était soulignée par des signes correspondant à chaque classe sociale, sous le contrôle vigilant des Ari'i (roi) : quand une unité se voyait reconnaître de nouveaux mérites, elle pouvait ajouter de nouveaux tatouages aux précédents. Les femmes étaient moins ornées, mais les dessins étaient plus élégants et mieux exécutés parce qu'ils étaient considérés comme une parure. En revanche les hommes avaient souvent tout le corps couvert de tatouages. Seul le visage était respecté, à l'exception de quelques guerriers ou prêtres qui portaient parfois un emblème particulier sur le front et sur les lèvres. Les chefs de tribu exhibaient une incroyable variété de motifs. Ceux-ci évoquaient une grande entreprise guerrière ou un événement important. On peut distinguer quatre types de tatouages : les tatouages destinés aux dieux, aux prêtres et aux Ari'i, héréditaires et réservés à leurs descendants ; les tatouages de types Hui Ari'i, Arioi réservés aux chefs (hommes et femmes) ; les tatouages de types Hui To'a, Hui Ra'atira, Iato'ai, pour les chefs de guerre, les guerriers, les danseurs, les rameurs, etc.; enfin le type manahune (peuple), pour les personnes sans généalogie ou sans ascendance héréditaire notable.

 

L'histoire du tatouage polynésien

 

Pour trouver les origines du tatouage dans l’archipel de la Polynésie, il faut remonter au passé le plus lointain de la civilisation ma’ohi. Cet art diffusé à l’origine dans les îles de la Société où il a atteint une perfection extraordinaire, est apprécié et pratiqué par les habitants des îles Marquises et les maori. A Tahiti à cause des religions importées d’Occident, la technique du tatouage était tombée en désuétude à tel point que plus personne n’était en mesure de l’exécuter. C’est donc chez nos voisins du pacifique, où elle a su résister à l’érosion des siècles, que nous avons redécouvert cette pratique. En effet la véritable renaissance de l’art du tatouage à Tahiti est due au concours des tatoueurs samoans, à partir des fêtes du Tiurai de 1982. Ce fut une étape essentielle du processus de retour à la culture originelle et du combat pour la survie et la sauvegarde de coutumes polynésiennes. Les origines du tatouage sont assez floues : elles remontent au-delà des traces les plus reculées de la civilisation ma’ohi, pour se perdre dans le temps mythique de la Genèse polynésienne.

 

La légende

 

A Tahiti, selon une tradition locale la pratique du tatouage serait d’origine divine : durant le Po (période obscure), elle aurait été créée par les deux fils du dieu Ta’aroa, Mata Mata Arahu (qui imprime avec du charbon de bois) et Tu Ra’i Po (qui réside dans le ciel obscur). Ces deux dieux faisaient partie du groupe des artisans avec Taere, un dieu d’une grande habilité, et Hina Ere Ere Manua (Hina au caractère impétueux), la fille aînée du premier homme, Ti’i, et de la première femme, Hina. En grandissant, Hina Ere Ere Manua devint Pahio et fut recluse dans un endroit clos, sous la surveillance de sa mère, pour préserver sa virginité. Mais les deux frères Mata Arahu et Tu Ra’i Po décidés à la séduire, inventèrent le tatouage, s’ornèrent du motif appelé Tao Maro Mata et réussirent ainsi à l’arracher au lieu où elle était jalousement gardée : car, poussée par le désir de se faire tatouer, Hina Ere Ere Manua réussit à tromper la vigilance de sa mère et fut finalement tatouée. Telle est donc l’origine divine du tatouage. Au début il fut pratiqué pour les fils du dieu Ta’aroa, la principale divinité tahitienne. Ces derniers l’enseignèrent aux hommes qui, trouvant cette pratique extrêmement décorative, en firent abondamment usage. Les deux fils du dieu Ta’aroa, Mata Mata et Tu Ra’i Po devinrent donc les dieux du tatouage. On invoquait toujours ces illustres prédécesseurs avant d’entreprendre un tatouage, afin que l’opération soit parfaite, que les dessins se révèlent agréables à l'œil. En souvenir de cette légende, on conservait les figures des deux dieux dans les Marae où des Tahu’a, les experts pratiquaient cet art. Il s’agit d’une forme de culture traditionnelle qui s’est maintenue telle quelle dans nos îles d’autant plus qu’aucune influence n’a pu en altérer les méthodes ni la manière d’appliquer les dessins sur la peau.

 

L'opération du tatouage

 

Opération douloureuse mais supportable, le tatouage s’effectuait en une seule séance. Le terme Tatau exprime l’action du tatoueur : faire des points, des signes, des marques sur la peau. On tatouait les filles entre huit et dix ans car on jugeait préférable qu’elles atteignent la puberté déjà tatouées. Quant aux garçons, on commençait à les tatouer entre onze et douze ans mais leur ornementation était rarement complètement achevée avant l’âge de 30 ans. La cérémonie du tatouage était un véritable rite, au son des tambours, des flûtes et des conques, car la musique occupait une place de choix. Les motifs des tatouages étaient nombreux et s’appliquaient sur une grande partie du corps. Chaque dessin portait un nom spécifique : certains sont toujours connus, comme ceux que l’on applique sur le dos (Papai Taputua, Urupo’o), sur les lobes des fesses (A’ie), sur le visage (A’ie Aro). Certains motifs reprenaient des formes conventionnelles, comme les étoiles, les cercles, les losanges, etc. ; d’autres évoquaient la vie sociale : les combats, les armes de guerre, les sacrifices humains au Marae ; enfin les chiens, les oiseaux et les poissons fournissaient également une source d’inspiration aux artistes du tatouage. Le prêtre tatoueur, responsable de cette délicate opération, était largement rémunéré et jouissait d’une grande considération. Le prêtre tatoueur (Tahu’a Tatau) disposait de deux instruments, que l’on utilise encore aujourd’hui : un poinçon ou une sorte de peigne et un petit bâton. Le poinçon consistait en un manche de bois auquel était fixé soit un os d’oiseau, soit un morceau de nacre, soit des dents de poisson, de porc, de requin, de baleine, soit même des dents humaines aiguisées avec soin ; certains peignes pouvaient avoir jusqu’à 36 dents. Pour faire pénétrer ce premier instrument sous la peau, le prêtre tatoueur disposait d’un second ustensile, un bâtonnet, sorte de petit marteau à l’aide duquel il faisait pénétrer le poinçon en le frappant. La teinture utilisée, d’un noir très accusé, est tirée de la noix du bancoule Tia’iri brûlée et pulvérisée. On mélangeait la poudre à de l’eau ou à du monoï; la teinture, injectée sous la peau, prenait une couleur bleuâtre absolument indélébile. Pour cicatriser les plaies, on utilisait une plante odoriférante, l’Ahi Tutu (santal). Le prêtre tatoueur disposait d’un vaste éventail de modèles. Le choix des dessins était très délicat et on procédait avec le plus grand soin. Dès qu’il était arrêté, l’artiste dessinait le motif sur le corps à l’aide d’un bâtonnet de charbon de bois ; il travaillait souvent à main levée, puis, avec ses instruments, il pratiquait l’incision dans laquelle il injectait la substance colorante. Le prêtre tatoueur était considéré comme un détenteur privilégié d’une science à transmettre fidèlement aux générations futures.

 

(Source : Polynésie Terres Sacrées)

 

 

 

 


 

 


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